⟩ RE2020 et confort d'été : pourquoi les brasseurs d'air comptent
Depuis 2022, un bâtiment neuf peut être parfaitement isolé et pourtant refusé à la RE2020, à cause de ses performances estivales. En effet, la réglementation environnementale a introduit un indicateur de confort d’été, le DH, que beaucoup de projets en logement collectif ne respectent pas sans effort. Parmi les leviers reconnus par la méthode de calcul, un seul se pose en une heure, consomme moins qu’une ampoule et fait chuter l’indicateur de plusieurs centaines de points : le brasseur d’air. Voici comment il est pris en compte, ce qu’il apporte réellement et ce qu’il ne remplace pas.
Table des matières
Le confort d'été dans la RE2020 : l'indicateur DH en 3 minutes
La RE2020 s’applique aux permis de construire déposés depuis le 1er janvier 2022 pour les logements, depuis le 1er juillet 2022 pour les bureaux et les bâtiments d’enseignement, puis progressivement aux autres bâtiments tertiaires. Elle remplace la RT 2012 et ajoute une exigence nouvelle : le bâtiment doit rester supportable en été, sans climatisation.
Pour le mesurer, la RT 2012 utilisait la température intérieure conventionnelle, la TIC. La RE2020 la remplace par le DH, pour degrés-heures d’inconfort. Le principe est simple : chaque heure de l’année où la température intérieure dépasse un seuil de confort, l’écart en degrés s’ajoute à un compteur. Une heure passée à 30 °C avec un seuil à 28 °C compte pour 2 DH.
Le seuil n’est pas fixe. Il est de 26 °C la nuit, et varie entre 26 et 28 °C le jour selon la chaleur des jours précédents, pour tenir compte de l’acclimatation des occupants.
Deux seuils, trois situations
L’arrêté du 4 août 2021 fixe deux seuils :
- Moins de 350 DH : le logement est conforme et jugé confortable. Cela correspond à environ une semaine d’inconfort modéré par an.
- Entre 350 et 1 250 DH : le logement est conforme, mais considéré à risque. La méthode applique alors une climatisation fictive : le moteur de calcul ajoute la consommation d’un climatiseur que les occupants installeront probablement, et cette consommation pénalise l’indicateur énergétique Cep. Un projet peut ainsi échouer sur l’énergie à cause de l’été.
- Plus de 1 250 DH : le bâtiment est non conforme, sans dérogation possible. Cela représente environ 25 jours d’inconfort par an.
Le seuil peut être relevé jusqu’à 2 000 DH environ dans les zones de bruit où les fenêtres ne peuvent pas être ouvertes la nuit.
Dans le sud de la France, en zones climatiques H2d et H3, les bureaux d’études constatent qu’un logement collectif non traversant dépasse fréquemment 1 250 DH avec les seules protections solaires. C’est précisément là que le brasseur d’air change le résultat.
Comment la RE2020 prend en compte les brasseurs d'air ?
Un brasseur d’air, ou ventilateur de plafond, ne refroidit pas l’air. Il le met en mouvement. Sur la peau, un air qui circule à 0,5 à 1 m/s accélère l’évaporation de la transpiration et abaisse la température ressentie de 2 à 3 °C, parfois 4 °C sous le flux direct. C’est exactement l’effet d’une brise en bord de mer.
La méthode de calcul Th-BCE 2020 intègre cet effet. Lorsque le bureau d’études déclare des brasseurs d’air dans les pièces de vie et les chambres, le moteur de calcul active un scénario de ventilation forcée qui relève le seuil de confort en fonction de la vitesse d’air obtenue. Chaque heure au-dessus de 26 ou 28 °C compte alors moins, ou plus du tout.
Un exemple chiffré
Ce que le bureau d'études doit pouvoir renseigner
Pour que le gain soit pris en compte dans l’étude thermique, le brasseur d’air doit être un équipement fixe du bâtiment, décrit dans le dossier, et non un appareil mobile laissé au choix des occupants. Concrètement :
- un appareil par pièce de vie et par chambre, à raison d’un brasseur pour 15 m² au maximum ;
- une hauteur libre de 2,30 m minimum sous les pales, imposée par la norme NF EN 60335-2-80 ;
- un diamètre et un débit adaptés à la surface, pour atteindre une vitesse d’air de 0,5 à 1 m/s dans la zone occupée ;
- une commande accessible, murale ou télécommandée, avec variation de vitesse ;
- une fiche technique avec la puissance absorbée, généralement 20 à 50 W à pleine vitesse.
Ce que le brasseur d'air apporte, et ce qu'il ne remplace pas
C’est le point que la plupart des articles sur le sujet passent sous silence. Le brasseur d’air est un levier puissant, mais il agit sur un seul indicateur.
| Levier de confort d’été | Effet sur le DH | Effet sur le Bbio | Coût et contrainte |
|---|---|---|---|
| Protections solaires extérieures (volets, brise-soleil) | Fort | Réduit les besoins de froid | Coût moyen, à prévoir dès la conception |
| Inertie thermique (murs lourds, dalles) | Moyen à fort | Favorable | Choix structurel, impossible à ajouter après |
| Ventilation nocturne traversante | Fort | Favorable | Dépend du plan et du bruit extérieur |
| Brasseurs d’air | Fort, 600 à 800 DH sur les cas types | Aucun | Faible, pose rapide, 20 à 50 W |
| Climatisation | Non comptée dans le DH | Défavorable | Élevé, pénalisé par la RE2020 |
Trois limites à garder en tête :
- Il ne réduit pas le Bbio. Le besoin bioclimatique est calculé sans tenir compte des brasseurs. Un projet mal orienté, sans protections solaires, ne sera pas sauvé par des ventilateurs.
- Il ne fonctionne bien qu’avec de l’air à évacuer. Au-delà de 33 à 35 °C intérieurs, l’effet de brise s’estompe. Le brasseur complète la ventilation nocturne et les protections solaires, il ne les remplace pas.
- Il doit être dimensionné. Un appareil trop petit ou trop haut ne produit pas la vitesse d’air retenue par le calcul. Le gain théorique n’est alors pas au rendez-vous à la livraison.
Pour qui le brasseur d'air est-il décisif ?
Logement collectif et bailleurs sociaux
C’est le premier terrain d’application, et nous y consacrons une page dédiée aux brasseurs d’air pour bailleurs sociaux. Les programmes de logements sociaux neufs cumulent les contraintes : logements mono-orientés, façades sur rue bruyante, budgets serrés qui excluent la climatisation. Le brasseur d’air y est souvent la seule façon de passer sous 1 250 DH en zone H3 sans reprendre la conception. Il présente un autre avantage pour le bailleur : un équipement fixe, robuste, qui évite l’installation sauvage de climatiseurs mobiles par les locataires, avec la facture d’électricité et les nuisances qui vont avec. C’est pour cela qu’ADAR Solutions accompagnent les bailleurs sociaux avec des brasseurs d’air adaptés.
Écoles, crèches et EHPAD neufs
La RE2020 s’applique aux bâtiments d’enseignement depuis juillet 2022, et les établissements médico-sociaux suivent. Ce sont aussi les bâtiments où le confort d’été est un enjeu de santé : jeunes enfants et personnes âgées supportent mal les vagues de chaleur. Le brasseur d’air y est déjà largement utilisé en rénovation, avec des dispositifs d’aide dédiés, et son intégration dès la construction évite une intervention ultérieure. ADAR Solutions installe des brasseurs d’air dans tous les établissements : écoles, crèches, EHPAD.
Et dans le bâtiment existant ?
La RE2020 ne concerne que le neuf. Pour le parc existant, la réglementation à suivre est le décret tertiaire, qui impose de réduire les consommations, et pour les logements la loi Climat et Résilience avec ses échéances sur les classes énergétiques. Le brasseur d’air y rend le même service, sans calcul réglementaire cette fois, mais avec des aides : le dispositif EDF été 2026 finance par exemple jusqu’à 400 € par appareil dans les écoles, crèches et centres de loisirs.
Attention à ne pas confondre le brasseur d’air avec le destratificateur, qui vise les grands volumes chauffés en hiver. Nous expliquons la différence ici.
Questions fréquentes sur la RE2020 et les brasseurs d'air
ADAR Solutions accompagne les promoteurs, bailleurs et collectivités sur le choix, le dimensionnement et la pose de brasseurs d'air professionnels, en neuf comme en rénovation. Demandez une étude de votre projet.
Le brasseur d'air est-il obligatoire dans la RE2020 ?
Non. La RE2020 fixe un résultat, un DH inférieur à 1 250, pas une solution. Le brasseur d’air est l’un des leviers reconnus par la méthode de calcul, avec les protections solaires, l’inertie et la ventilation nocturne. Il devient en pratique incontournable dans les logements non traversants du sud de la France.
Combien de DH un brasseur d'air fait-il gagner ?
Sur le cas type d’un T2 ou T3 non traversant en zone H3, les bureaux d’études mesurent une baisse de 600 à 800 DH. Le gain réel dépend de la zone climatique, de l’orientation et du dimensionnement des appareils.
Un brasseur d'air compte-t-il comme une climatisation dans le calcul ?
Non. La climatisation est exclue du calcul du DH et pénalise l’indicateur énergétique. Le brasseur d’air est traité comme un système de ventilation qui relève le seuil de confort, sans consommation de froid.
Quelle est la consommation d'un brasseur d'air par rapport à une climatisation ?
Un brasseur d’air consomme 20 à 50 W à pleine vitesse, soit 10 à 20 fois moins qu’un climatiseur pour une pièce équivalente, et sans fluide frigorigène.
Peut-on installer des brasseurs d'air après la livraison pour se mettre en conformité ?
La conformité RE2020 se juge à l’étude thermique et à l’attestation de fin de travaux. Les brasseurs doivent donc être prévus au dossier. Rien n’empêche en revanche d’en poser après coup pour améliorer le confort réel des occupants.
Quelle hauteur sous plafond faut-il pour un brasseur d'air ?
Au moins 2,30 m entre le sol et les pales, selon la norme NF EN 60335-2-80. En dessous, il faut choisir des modèles plats ou revoir l’implantation.
